Article LA DEPECHE : « Gisèle Jucla, sourire en chef des Blouses Roses »

550393_3767420585912_1837161867_nLa Columérine Gisèle Jucla est la dynamique présidente des Blouses roses de Toulouse depuis 2008. Son comité, un des plus importants de France avec 174 bénévoles, fêtera le 12 juin ses 45 ans d’actions auprès des malades dans les hôpitaux de l’agglomération.

Gisèle Jucla est une présidente qui sait ce qu’elle veut. Du recrutement des nouvelles bénévoles jusqu’à la couleur des fleurs qui doivent décorer la fête de son comité. La patronne des 174 Blouses Roses toulousaines, c’est elle. «Les Blouses Roses me voient comme une personne exigeante, sérieuse. Je leur demande beaucoup mais, à l’arrivée, en constatant leur plaisir, je sais que j’ai rempli mon rôle ».

D’un papa militaire, elle a gardé la droiture, l’envie de mener à bien les missions et le goût de l’esprit d’équipe. «Notre organisation ressemble plus à une marguerite qu’à une pyramide. Je suis au centre d’une équipe qui porte des valeurs et je fais en sorte que tout le monde les applique ».

Arrivée dans l’association avec son expérience de professeur d’anglais, de conseillère lecture dans les éditions jeunesse, son envie de raconter des histoires aux enfants malades, la bénévole endosse rapidement la tenue de présidente. «J’ai vu que j’avais autour de moi une équipe qui n’avait pas seulement du bon cœur mais aussi des compétences ».

Militante infatigable de la dignité des malades et de leur reconnaissance en tant que personnes, elle lance une équipe d’animation en salle de chimiothérapie à l’Institut Claudius Regaud, centre de lutte contre le cancer de Toulouse (aujourd’hui Institut universitaire du cancer de Toulouse Oncopole), développe les berceuses à l’hôpital des enfants du CHU, et crée les premiers marchands de sable auprès des personnes âgées pour les aider à passer le cap de l’angoisse de la nuit. «Quatre bénévoles sur cinq se présentent chez nous pour intervenir auprès des enfants. Nous leur montrons que toute personne mérite un accompagnement. La pédiatrie ne concerne qu’un tiers de nos missions et nous souhaitons développer davantage nos actions en gériatrie », clame la présidente qui aimerait aussi plus de bénévoles masculins dans son groupe qui compte sept Blousons Roses.

En 2013, dans 25 établissements de l’agglomération, le comité toulousain des Blouses Roses a accompagné 23 900 personnes dans 600 ateliers artistiques, ludiques et culturels. «Nous ne sommes ni religieux, ni soignants, ni politiques. Nous sommes là pour faire oublier les murs de l’hôpital, pour dire à toutes ces personnes qu’elles sont complètement dans la vie. C’est parfois difficile », concède la bénévole.

«Recevoir, c’est donner »

Sous sa tenue rose vif, Gisèle Jucla, 59 ans, déborde d’émotions. «Jamais une vie professionnelle ne m’aurait permis ce regard sur les personnes qui m’entourent. J’ai la chance inouïe de travailler avec des personnes dont le seul but est de sourire et de faire sourire. Les histoires que les Blouses Roses me racontent de retour d’une animation ou d’un atelier sont des moments précieux », déclare la présidente, les yeux un peu humides quand il s’agit d’évoquer ses bénévoles dont elle apprend tous les prénoms sur des trombinoscopes. Ses souvenirs dans les salles de consultation du CHU (centre hospitalier universitaire) ne la quittent pas. «Il y avait cette maman avec sa petite fille qui souffrait d’une fente palatine interne. Elle se tenait à l’écart de l’atelier, elle culpabilisait de voir des enfants plus touchés que sa fille. La troisième fois, elle s’est approchée en me disant que, le matin, elle avait habillé la petite en rose fuchsia en pensant à moi. Elle était magnifique. Recevoir, c’est donner».

La présidente terminera son mandat dans trois ans. Elle y pense. Un peu. Gisèle aura plus de temps pour elle et ses petits-enfants. «J’ai d’autres passions, je fabrique des maisons de poupées anciennes, je fais du scrapbooking, du point de croix, mais ce sont des passions solitaires, il faut sortir de la maison ».

La bénévole pense aussi qu’elle a eu raison de passer la porte de l’hôpital des enfants, en blouse rose, un jour de 2006. «Je me suis souvenue de la promesse que je m’étais faite 25 ans plus tôt, à la mort de mon bébé. Les meilleurs soignants, la famille ou les amis ne peuvent pas tout faire dans des moments pareils. Avoir, à l’hôpital, quelqu’un qui prend du temps pour vous, c’est essentiel. J’aurais aimé avoir une Blouse Rose à côté de moi ».

Lien vers l’article : http://www.ladepeche.fr/article/2014/06/08/1896513-gisele-jucla-sourire-en-chef-des-blouses-roses.html

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